Au cours des décennies, le projet européen a tourné autour de l’idée d’éliminer les frictions économiques. Il s’agit d’abord des aranceles, après les frontières physiques et, enfin, la monnaie et l’identité numérique. L’euro permet aux entreprises et aux consommateurs de comparer un même espace monétaire, mais le marché unique européen existe toujours dans la pratique. L’obstacle n’est pas financier ni logistique. C’est administratif. Dans la pratique, cette friction invisible se concentre sur un point clé : la confiance opérationnelle entre les pays.
Aujourd’hui, une entreprise espagnole peut vendre un produit en Allemagne sur une question d’heures, mais ouvrir un compte bancaire, confirmer un contrat avec un fournisseur, contracter avec un entrepreneur ou vérifier auprès d’un client dans un autre pays européen peut se dérouler pendant des semaines. Il existe également un marché européen de confiance pour cette gestion, l’eIDAS, dont la mise en œuvre a abouti à un résultat complet et, dans la pratique, de nombreux processus ont été ralentis par les différences entre les systèmes d’identification, de validation documentaire et de réglementation de chaque État membre. Le résultat est un paradoxe, car nous partageons de l’argent, nous ne partageons pas pleinement la confiance opérationnelle.
L’économie moderne ne dépend pas uniquement du capital ou de l’innovation, mais également de la vérification. Chaque haut client, chaque entreprise de contrat, chaque processus de réglementation et chaque vérification d’identité implique un temps, une administration personnelle et un droit légal. Ce sont des coûts de transaction invisibles qui pénalisent particulièrement les PyME, précisément les entreprises qui sont les plus bénéficiaires d’un marché européen vraiment intégré.
L’Union européenne a décidé d’aborder ce problème de la raison. Avec l’évolution du marché eIDAS 2.0 et la future carte d’identité numérique européenne, l’objectif n’est plus de numériser les derniers existants, mais de créer une infrastructure de confiance économique commune qui stimule l’économie. L’identité numérique interopérable permettra à un citoyen ou à une entreprise de démontrer qui est, quels attributs ou quelles autorisations ont une seule fois et de réutiliser cette vérification dans n’importe quel pays de l’Union.
Le changement peut être technique, mais ses implications sont économiques. Aujourd’hui, même s’il existe un marché européen de confiance, sa mise en œuvre complète fait que la création internationale à l’intérieur de l’Europe implique la répétition de processus de validation dans chaque juridiction : vérification des clients, contrôles de prévention du blanchiment, vérification des pouvoirs sociétaires ou de la société en présence de contrats. En termes pratiques, chaque frontière administrative se traduit par des coûts supplémentaires, des retours et un abandon des opérations. Lorsque ces processus sont automatisés et peuvent être réutilisés, l’expansion est déjà un projet complexe à transformer en une décision commerciale.
L’identité numérique européenne facilitera, par exemple, l’ouverture de comptes financiers transfrontaliers de forme immédiate, la conclusion de contrats d’achat sans présence physique, le contrat d’employés à distance ou la validation de titres professionnels sans intermédiaires. No se trata solo de comodidad. Se trata de productividad. Les entreprises européennes consacrent une part de responsabilité à leurs recours en matière de vérification documentaire, de réglementation et de gestion administrative. Automatiser cette capacité équivaut à libérer le capital humain des activités de plus grande valeur.
De plus, le nouveau modèle introduit un concept pertinent : le cumul continu. Lors des contrôles ponctuels, les systèmes peuvent actualiser automatiquement les informations pertinentes pour la relation commerciale ou contractuelle. Cette enquête, connue comme le KYC perpétuel (pKYC), permet d’effectuer des vérifications statiques à une supervision dynamique et permanente du risque. Du point de vue de l’entreprise, cela réduira les risques réglementaires, évitera les sanctions et simplifiera les auditoires. Du point de vue économique, réduire l’incertitude, un facteur qui a historiquement limité l’activité transfrontalière des PyMEs européens.
Ce changement a également une dimension stratégique. Au cours des dernières années, l’Europe a eu l’intention de rivaliser avec les États-Unis et la Chine sur les plates-formes technologiques et à l’échelle commerciale, avec des résultats disparates. L’identité numérique peut être utilisée d’une autre manière : convertir la sécurité juridique et la confiance vérifiable en vente concurrentielle. Un entreprise en laquelle toute entreprise peut interagir avec les clients et les fournisseurs de l’Union européenne avec des garanties légales immédiates réduit considérablement les coûts d’exploitation sur le marché européen face à d’autres régions.
L’identité numérique européenne facilitera l’ouverture de comptes financiers transfrontaliers immédiats, la conclusion de contrats d’achat sans présence physique ou le contrat d’employés à distance.
Le marché unique est né comme un projet économique, mais il n’y a aucun moyen de résoudre complètement la fragmentation administrative. Les entreprises européennes ne se heurtent pas à l’internationalisation en raison d’une demande insuffisante, mais en raison de la complexité de la réglementation. La vérification de l’identité, le complément normatif et la documentation contractuelle seront convertis à la dernière frontière interne du commerce européen.
Si l’euro élimine l’incertitude monétaire, l’identité numérique peut éliminer l’incertitude opérationnelle. Ne remplace pas la réglementation, elle est exécutable de manière automatique. Oui, il y a une différence : un marché n’est pas unique lorsque les normes sont partagées, mais lorsque cela peut être appliqué de manière uniforme et efficace.
La numérisation commerciale de la dernière décennie est concentrée dans les processus internes : ERP, commerce électronique ou automatisation productive. La phase suivante affecte les relations économiques entre les organisations et l’infrastructure de confiance qui les soutient. Lorsque l’identité, l’entreprise et la vérification peuvent être interopérables avec l’ensemble de l’Union, le coût des affaires à l’intérieur de l’Europe sera de forme structurelle.
Dans ce scénario, le marché unique devrait être un principe juridique pour se transformer en un espace économique opérationnel. L’intégration européenne ne progressera pas par de nouvelles directives commerciales, mais par la création d’une confiance technique partagée.
L’euro a unifié le dollar. L’identité numérique peut unifier l’économie réelle et convertir la confiance en un véritable moteur d’intégration européenne.
Iván Basart, directeur de eWallet y eSignature España de Signaturit Group
